Enregistrements DNS A, CNAME, MX et TXT : à quoi sert chacun

Baie serveur dans un centre de données : c'est ici que les enregistrements DNS dirigent le trafic

Un enregistrement DNS est une ligne dans la zone DNS d’un domaine qui indique aux serveurs comment acheminer le trafic : l’enregistrement A pointe vers une adresse IPv4, le CNAME redirige un sous-domaine vers un autre nom de domaine, le MX désigne le serveur de messagerie et le TXT stocke des informations textuelles utilisées pour la vérification et la sécurité. Chaque type répond à un besoin précis, et une erreur de configuration suffit à rendre un site inaccessible ou à bloquer la réception des e-mails.

La confusion entre ces types est fréquente, notamment entre A et CNAME. On le verra plus bas, le choix dépend de ce que l’on souhaite faire pointer et de la compatibilité avec les autres enregistrements déjà en place.

Sommaire

  1. L’enregistrement A associe un nom de domaine à une adresse IP fixe
  2. CNAME : un alias qui renvoie vers un autre nom, pas vers une IP
  3. Enregistrement A ou CNAME : ce qui les distingue concrètement
  4. MX : l’enregistrement qui route les e-mails vers le bon serveur
  5. TXT : vérification de domaine, SPF, DKIM et DMARC
  6. Tableau récapitulatif des quatre types d’enregistrements

L’enregistrement A associe un nom de domaine à une adresse IP fixe

Qu’est-ce qu’un enregistrement DNS de type A ? C’est l’enregistrement le plus fondamental du système DNS : il fait correspondre un nom de domaine (par exemple example.com) à une adresse IPv4 comme 93.184.216.34. Quand un navigateur cherche à atteindre un site, la résolution DNS commence par interroger cet enregistrement pour obtenir l’adresse du serveur qui héberge les fichiers.

Un domaine peut posséder plusieurs enregistrements A pointant vers des adresses IP différentes. Cette configuration permet de répartir la charge entre plusieurs serveurs ou d’assurer une redondance en cas de panne. L’équivalent pour les adresses IPv6 s’appelle l’enregistrement AAAA, qui fonctionne selon le même principe avec un format d’adresse plus long (128 bits contre 32 bits pour IPv4).

Autant le dire : sans enregistrement A (ou AAAA), aucun navigateur ne peut localiser le serveur d’un site web. C’est la brique de base de toute zone DNS.

CNAME : un alias qui renvoie vers un autre nom, pas vers une IP

Un enregistrement CNAME (Canonical Name) crée un alias d’un sous-domaine vers un autre nom de domaine. Par exemple, www.example.com peut être un CNAME pointant vers example.com. Le serveur DNS suit alors la chaîne : il résout d’abord le CNAME, puis cherche l’enregistrement A du domaine cible pour obtenir l’adresse IP finale.

Cette mécanique impose une contrainte importante : un CNAME ne peut pas coexister avec d’autres enregistrements sur le même nom. Il est donc impossible de placer un CNAME à la racine d’un domaine (example.com) si des enregistrements MX ou TXT y sont déjà définis, ce qui est presque toujours le cas. C’est la raison pour laquelle le CNAME s’utilise sur les sous-domaines (www, blog, shop) et non sur l’apex du domaine, comme le précise la documentation de Cloudflare sur les enregistrements CNAME.

Le CNAME est particulièrement utile quand l’adresse IP du serveur de destination peut changer. Un hébergeur qui fournit un sous-domaine technique (du type serveur42.hebergeur.com) peut modifier l’IP sans que le client ait besoin de toucher à sa zone DNS.

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Enregistrement A ou CNAME : ce qui les distingue concrètement

Quelle est la différence entre un enregistrement CNAME et un enregistrement A ? L’enregistrement A pointe directement vers une adresse IP numérique, tandis que le CNAME pointe vers un autre nom de domaine. La résolution d’un CNAME nécessite donc une requête DNS supplémentaire, puisque le serveur doit d’abord résoudre l’alias avant d’obtenir l’IP.

Vu du côté de l’administrateur système, le choix se fait selon le contexte :

  • L’enregistrement A convient quand l’adresse IP du serveur est stable et connue, notamment sur un serveur dédié ou un VPS dont l’IP ne change pas.
  • Le CNAME est préférable quand on pointe vers un service externe qui gère ses propres IP (CDN, plateforme SaaS, service de messagerie) ou quand l’hébergeur demande explicitement un CNAME dans sa documentation de configuration.

Un piège classique lors d’une migration vers HTTPS : modifier l’enregistrement A sans vérifier que le certificat SSL est bien installé sur la nouvelle IP. Le site devient alors inaccessible ou affiche une erreur de certificat.

MX : l’enregistrement qui route les e-mails vers le bon serveur

L’enregistrement MX (Mail Exchange) indique quel serveur doit recevoir les e-mails destinés à un domaine. Contrairement à l’enregistrement A qui concerne le trafic web, le MX est exclusivement dédié au courrier électronique. Sa valeur est un nom de domaine (jamais une IP directement), accompagné d’un chiffre de priorité.

La priorité fonctionne en ordre croissant : un MX avec la valeur 10 sera sollicité avant un MX avec la valeur 20. Cette hiérarchie permet de configurer un serveur de secours qui prend le relais si le serveur principal ne répond pas. Les grands services de messagerie comme Google Workspace ou Microsoft 365 fournissent plusieurs enregistrements MX avec des priorités différentes pour garantir la disponibilité.

Un oubli de configuration MX après un changement d’hébergement est l’une des causes les plus courantes de perte d’e-mails. L’ancien serveur ne répond plus, le nouveau n’a pas encore les bons MX : les messages rebondissent. C’est un point à vérifier systématiquement lors de toute modification de zone DNS, au même titre que la sauvegarde préalable du site.

TXT : vérification de domaine, SPF, DKIM et DMARC

Qu’est-ce qu’un enregistrement DNS TXT et à quoi sert-il ? C’est un enregistrement qui stocke du texte libre, utilisé principalement pour trois fonctions : la vérification de propriété d’un domaine, l’authentification des e-mails et la publication de politiques de sécurité.

La vérification de domaine est la première utilisation visible. Google Search Console, Microsoft 365 ou un prestataire de certificat SSL demandent souvent d’ajouter un enregistrement TXT contenant un code unique pour prouver que le demandeur contrôle bien le domaine.

Les trois protocoles d’authentification e-mail reposent tous sur des enregistrements TXT :

  • SPF (Sender Policy Framework) liste les serveurs autorisés à envoyer des e-mails au nom du domaine. Un enregistrement SPF typique ressemble à v=spf1 include:_spf.google.com ~all.
  • DKIM (DomainKeys Identified Mail) publie une clé cryptographique que les serveurs destinataires utilisent pour vérifier la signature des messages.
  • DMARC (Domain-based Message Authentication, Reporting and Conformance) définit la politique à appliquer quand un message échoue aux vérifications SPF ou DKIM : le rejeter, le mettre en quarantaine ou l’accepter quand même.

Selon les spécifications maintenues par l’IANA, l’enregistrement TXT peut contenir jusqu’à 255 caractères par chaîne, mais plusieurs chaînes peuvent être concaténées pour dépasser cette limite. Sans ces enregistrements, les e-mails envoyés depuis un domaine risquent d’atterrir en spam, un problème que la sécurisation des protocoles de transfert ne résout pas à elle seule.

Tableau récapitulatif des quatre types d’enregistrements

Type Pointe vers Usage principal Exemple de valeur
A Adresse IPv4 Associer un domaine à un serveur web 93.184.216.34
CNAME Nom de domaine Créer un alias vers un autre domaine www.example.com → example.com
MX Nom de domaine (serveur mail) Router les e-mails entrants 10 mail.example.com
TXT Texte libre Vérification, SPF, DKIM, DMARC v=spf1 include:_spf.google.com ~all

Quels sont les différents types d’enregistrements DNS au-delà de ces quatre ? La zone DNS peut aussi contenir des enregistrements AAAA (IPv6), SRV (services spécifiques comme la VoIP), NS (serveurs de noms faisant autorité) et PTR (résolution inverse, d’une IP vers un nom). Dans la pratique quotidienne d’un administrateur de site web, qu’il soit statique ou dynamique, les quatre types décrits ici couvrent la grande majorité des besoins.

À retenir

  • Vérifier l’enregistrement A après chaque changement de serveur ou d’hébergeur, et s’assurer que le certificat SSL est actif sur la nouvelle IP.
  • Ne jamais placer un CNAME à la racine d’un domaine si des enregistrements MX ou TXT y sont déjà définis.
  • Configurer au moins deux enregistrements MX avec des priorités différentes pour éviter la perte d’e-mails en cas de panne du serveur principal.
  • Mettre en place SPF, DKIM et DMARC via des enregistrements TXT pour réduire le risque que les e-mails soient classés comme spam.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un enregistrement DNS TXT et à quoi sert-il ?

Un enregistrement TXT stocke du texte dans la zone DNS d’un domaine. Il sert principalement à prouver la propriété d’un domaine auprès de services tiers et à publier les règles d’authentification des e-mails (SPF, DKIM, DMARC). Sans enregistrement SPF correctement configuré, les e-mails envoyés depuis le domaine ont de fortes chances d’être filtrés comme indésirables par les serveurs destinataires.

Quelle est la différence entre un enregistrement CNAME et un enregistrement A ?

L’enregistrement A fait correspondre un nom de domaine à une adresse IPv4 numérique. Le CNAME fait correspondre un nom à un autre nom de domaine, qui sera ensuite résolu en adresse IP par une requête supplémentaire. Le CNAME ne peut pas coexister avec d’autres types d’enregistrements sur le même nom, ce qui interdit son usage à la racine du domaine dans la plupart des cas.

Qu’est-ce qu’un enregistrement DNS de type A ?

L’enregistrement A (Address) est le type le plus élémentaire : il traduit un nom de domaine en adresse IPv4 pour que les navigateurs et les applications puissent localiser le serveur correspondant. Un domaine peut avoir plusieurs enregistrements A pour répartir le trafic entre plusieurs serveurs.

Damien Roux
Damien Roux

Damien Roux est l'hébergement web. de web-city.fr, il partage guides pratiques, comparatifs objectifs et outils gratuits pour choisir le bon hébergeur et créer son site WordPress

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